En bref
Le gouvernement a présenté les grandes lignes du budget 2027 le 17 septembre 2026. Le projet de loi de finances (PLF, le texte qui fixe chaque année les impôts et les dépenses de l’État) doit être officiellement déposé le 30 septembre 2026, avant plusieurs semaines de débats au Parlement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu promet une « stabilité fiscale » pour les entreprises et exclut toute création d’impôt nouveau en 2027. Pour les TPE (très petites entreprises, moins de 10 salariés) et les PME (moins de 250 salariés), les mesures les plus concrètes concernent la transmission d’entreprise, avec un nouveau dispositif appelé « pacte Papin », et le maintien des aides fiscales à l’innovation. Rien n’est encore voté : ce texte reste, à ce stade, un projet susceptible d’évoluer au fil des débats parlementaires.
Un budget 2027 sous contrainte, mais une promesse de stabilité pour les entreprises
Chaque année, l’État français doit voter un budget avant le 1er janvier suivant. Ce budget prend la forme d’un projet de loi de finances, généralement appelé PLF. C’est ce texte qui fixe les règles fiscales et les dépenses publiques de l’année à venir : barème de l’impôt, aides aux entreprises, budget des ministères, etc.
Pour 2027, le gouvernement de Sébastien Lecornu annonce un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, destiné à réduire le déficit public. L’objectif affiché est de ramener le déficit autour de 4,8 à 5 % du produit intérieur brut (PIB, la richesse totale produite chaque année par le pays), contre 6,5 % si aucune mesure n’était prise.
Ce chiffre peut inquiéter les dirigeants de TPE et de PME, qui ont connu ces dernières années plusieurs hausses de prélèvements. Le message du gouvernement se veut toutefois rassurant sur ce point précis : « il n’y aura pas d’impôt nouveau » pour les entreprises en 2027, selon les mots du Premier ministre. Le gel du barème de l’impôt sur le revenu est maintenu, sans hausse annoncée pour les ménages ni pour les sociétés.
L’effort budgétaire porte en priorité sur les grandes entreprises. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, un prélèvement temporaire créé pour les groupes les plus importants, est recalibrée : elle devrait rapporter 5 milliards d’euros par an au lieu de 8, et les entreprises de taille intermédiaire (ETI, entre 250 et 5 000 salariés) en sortiraient. Ce dispositif ne concerne de toute façon pas les TPE-PME, dont le chiffre d’affaires est très inférieur aux seuils visés.
En clair : à ce stade, aucune nouvelle taxe généraliste n’est prévue pour les TPE et les PME en 2027. L’effort de redressement des comptes publics vise d’abord les grandes entreprises et certaines dépenses sociales.
Le calendrier du budget 2027 : les dates à connaître
Le budget suit un parcours parlementaire précis, encadré par la Constitution. Voici les grandes étapes prévues pour le PLF 2027, telles qu’elles sont connues à la mi-septembre 2026.
| Étape | Date prévue |
|---|---|
| Dépôt du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale | 30 septembre 2026 |
| Examen de la première partie (recettes) en séance | 12 au 19 octobre 2026 |
| Vote de la première partie | 20 octobre 2026 |
| Examen de la seconde partie (dépenses) | à partir du 27 octobre 2026 |
| Vote solennel du texte complet | 17 novembre 2026 |
| Délai constitutionnel limite pour l’adoption définitive | 9 décembre 2026 |
Ce calendrier est théorique : les débats budgétaires en France ont pris, ces dernières années, des tournures parfois imprévisibles, avec des motions de censure ou des recours à des procédures d’adoption sans vote. Les dates de vote définitif et le contenu final de la loi peuvent donc encore changer d’ici la fin de l’année.
En clair : rien n’est figé avant le vote définitif, attendu au plus tard début décembre 2026. Les mesures présentées dans cet article sont des propositions du gouvernement, pas encore des règles applicables.
Le « pacte Papin » : un coup de pouce pour transmettre ou reprendre une entreprise
La mesure la plus commentée pour les TPE-PME est un nouveau dispositif baptisé « pacte Papin », destiné à faciliter la reprise d’entreprises par leurs propres salariés. L’objectif du gouvernement est de doubler le nombre de reprises d’entreprises réalisées chaque année par des salariés, actuellement estimé à environ 6 500.
Ce pacte comporte quatre mesures principales :
Premièrement, un suramortissement sur le matériel de production. Concrètement, une entreprise qui achète du matériel professionnel pourrait déduire fiscalement 30 % de plus que la valeur de cet achat, un avantage porté à 60 % pour les entreprises de moins de 10 salariés, c’est-à-dire la plupart des TPE.
Deuxièmement, une forte réduction des droits d’enregistrement, ces frais payés lors du rachat des parts ou actions d’une société. Le taux passerait de 3 % à 0,1 % de la valeur de la transaction, y compris lorsque plusieurs salariés se regroupent pour créer une société de reprise.
Troisièmement, un abattement doublé sur la plus-value réalisée par le dirigeant qui transmet son entreprise au moment de son départ à la retraite. L’avantage fiscal existant serait doublé pour atteindre 1 million d’euros, contre 500 000 euros aujourd’hui.
Quatrièmement, un étalement du paiement de l’impôt sur la plus-value pour les cédants qui accordent un crédit-vendeur à leurs repreneurs, c’est-à-dire lorsqu’ils financent eux-mêmes une partie du rachat en étant remboursés progressivement.
En clair : si vous envisagez de céder votre entreprise à vos salariés dans les prochaines années, ce dispositif pourrait réduire significativement le coût fiscal de l’opération. Il est encore trop tôt pour engager une opération sur cette seule base, mais c’est le bon moment pour en parler avec votre expert-comptable.
Le pacte Dutreil préservé pour les transmissions familiales
Le pacte Dutreil est un dispositif fiscal ancien qui permet de réduire fortement les droits à payer lorsqu’une entreprise familiale est transmise à un enfant ou à un proche, sous certaines conditions d’engagement de conservation des titres. Ce dispositif, régulièrement menacé de rabotage lors des précédents budgets, serait cette fois préservé dans sa forme actuelle selon les annonces gouvernementales. C’est un signal de continuité pour les nombreuses PME et entreprises artisanales françaises à actionnariat familial, en particulier hors des grandes métropoles.
Crédit d’impôt recherche et crédit d’impôt innovation : la continuité annoncée
Pour les entreprises qui investissent dans la recherche et développement (R&D) ou dans l’innovation, deux dispositifs fiscaux existants seraient maintenus dans le budget 2027 : le crédit d’impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt innovation (CII). Le statut de jeune entreprise innovante (JEI), qui exonère de charges patronales certaines start-up en phase de R&D, serait également préservé. Ces trois dispositifs sont particulièrement suivis par les start-up et PME technologiques : nous leur consacrons un article dédié, disponible sur ce même espace, tant les règles de calcul sont techniques et évolutives.
Les points de vigilance à surveiller d’ici la fin de l’année
Au-delà des mesures favorables, plusieurs pistes discutées dans le cadre du budget de la Sécurité sociale (un texte voté en parallèle du budget de l’État) méritent d’être suivies de près par les employeurs.
Une piste consiste à imposer intégralement les indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle, alors qu’elles ne sont aujourd’hui imposables qu’à hauteur de 50 %. Une autre piste évoque un plafonnement de la durée de versement de ces indemnités.
Le mode de calcul du taux de cotisation « accidents du travail et maladies professionnelles » (AT-MP), aujourd’hui fixé établissement par établissement pour les entreprises ayant plusieurs sites, pourrait également évoluer vers un calcul unique au niveau de l’entreprise entière. Cette évolution pourrait faire varier le montant de cette cotisation à la hausse comme à la baisse selon la situation de chaque entreprise.
Enfin, une mesure de simplification administrative est annoncée : le principe du « silence vaut accord » s’appliquerait davantage aux relations entre les entreprises et l’administration fiscale. Concrètement, si l’administration ne répond pas à une demande dans un délai de trois mois, la position de l’entreprise serait réputée acceptée. Cette règle existe déjà pour certaines démarches, mais son champ d’application serait élargi.
En clair : ces mesures sociales ne sont pas encore arbitrées. Elles concernent surtout les entreprises qui emploient des salariés et gèrent des arrêts de travail. Un suivi avec votre expert-comptable ou votre gestionnaire de paie est recommandé d’ici la fin de l’année.
Comment se préparer dès maintenant ?
Face à un texte encore en discussion, la meilleure attitude pour un dirigeant de TPE ou de PME est la suivante : ne rien précipiter, mais anticiper.
Si vous envisagez de transmettre votre entreprise, à un salarié ou dans le cadre familial, dans les 12 à 24 prochains mois, c’est le bon moment pour commencer à en parler avec votre expert-comptable. Certaines opérations se préparent plusieurs mois à l’avance et pourraient bénéficier des nouveaux dispositifs s’ils sont adoptés dans leur forme actuelle.
Si votre entreprise investit en recherche et développement ou en innovation, vérifiez dès maintenant que votre documentation technique et financière est à jour pour sécuriser vos futures déclarations de crédit d’impôt, quelle que soit l’issue des débats budgétaires.
Enfin, si vous employez des salariés, restez attentif aux évolutions du budget de la Sécurité sociale, notamment sur le sujet des arrêts de travail, qui peuvent avoir un impact direct sur votre masse salariale et vos cotisations.
FAQ : vos questions sur le budget 2027
Le budget 2027 est-il déjà applicable ?
Non. Il s’agit d’un projet de loi, présenté le 17 septembre 2026 et déposé formellement le 30 septembre 2026. Le vote définitif n’est pas attendu avant la mi-novembre ou début décembre 2026, et le contenu peut encore changer.
Les TPE et PME vont-elles payer plus d’impôts en 2027 ?
Le gouvernement affirme qu’aucun impôt nouveau ne visera les entreprises en 2027 et que l’effort budgétaire porte surtout sur les grandes entreprises et certaines dépenses sociales. Cet engagement devra être confirmé par le vote final du Parlement.
Le pacte Papin s’applique-t-il déjà aux reprises d’entreprise en cours ?
Non, ce dispositif n’existe pour l’instant que sous forme de proposition gouvernementale. Il ne pourra s’appliquer, au plus tôt, qu’après l’adoption définitive de la loi de finances pour 2027.
Que faire si mon entreprise a un projet de transmission ou de levée de fonds dans les prochains mois ?
Il est conseillé de ne pas attendre le vote final pour commencer à structurer votre projet avec votre expert-comptable, tout en gardant de la flexibilité pour intégrer d’éventuelles nouvelles règles fiscales une fois votées.
Conclusion
Le budget 2027 s’annonce, à ce stade, plutôt favorable aux TPE et PME sur le plan fiscal, avec une promesse de stabilité et un nouveau coup de pouce pour la transmission d’entreprise via le pacte Papin. Mais le texte n’est encore qu’un projet : les prochaines semaines de débats parlementaires, jusqu’au vote définitif attendu d’ici début décembre 2026, pourront en modifier sensiblement le contenu. Chez Bright Conseil, nous suivons ces évolutions au fil de l’eau pour nos clients de Pau et de Paris. N’attendez pas le vote final pour préparer vos projets de transmission, d’investissement ou de recherche et développement : contactez notre cabinet pour faire le point sur votre situation et anticiper sereinement les changements à venir.
Lexique : les mots de cet article expliqués simplement
- PLF (projet de loi de finances) : le texte de loi que le gouvernement propose chaque année pour fixer les impôts et les dépenses publiques de l’année suivante.
- PIB (produit intérieur brut) : la valeur totale de tout ce qui est produit en France en une année, utilisée pour mesurer la richesse du pays.
- ETI (entreprise de taille intermédiaire) : une entreprise plus grande qu’une PME, employant entre 250 et 5 000 salariés.
- Droits d’enregistrement : des frais que l’on paie à l’État lorsqu’on achète certains biens ou certaines parts d’entreprise, un peu comme une taxe sur la transaction.
- Plus-value : le gain réalisé lorsqu’on revend un bien ou une entreprise plus cher que son prix d’achat ou sa valeur d’origine.
- Crédit-vendeur : un mode de financement où le vendeur d’une entreprise accepte d’être payé progressivement par l’acheteur, plutôt que de recevoir la totalité du prix immédiatement.
Sources
- Public Sénat – Budget 2027 : Sébastien Lecornu propose un effort de 54 milliards d’euros
- LégiFiscal – Projet de loi de finances pour 2027 : les annonces de Sébastien Lecornu
- LCP Assemblée nationale – Comment le gouvernement veut faciliter les rachats d’entreprises par les salariés
- LégiFiscal – PLF 2027 : le statut JEI, le CIR et le CII maintenus ?
- economie.gouv.fr – Loi de finances 2026 : ce qui change pour les entreprises